Arthur Russell met quelques gouttes d'avant-garde dans son folk


Arthur Russell met quelques gouttes d'avant-garde dans son folk

Dans le registre réédition, quoique qu’il faille presque plutôt parler d’édition tout court, la sortie du Love is Overtaking Me fait date. Contrairement à ce qu’on attendait, on n’y découvre pas Arthur Russell élaborant une disco futuriste destinée à travailler les pieds et la tête de l’auditeur comme sur The World of Arthur Russell, Calling out of Context ou ses singles sous divers pseudos tels Dinosaur L. On n’y voit pas non plus un créateur torturant son violoncelle et sa chambre en écho pour moduler un bruit envoûtant comme sur World of Echo. Il n’est pas non plus question d’un compositeur d’instrumentaux tenté de lâcher quelques drones synthétiques dans une musique proto-répétitive. Non. Il est ici simplement question de songwriting, et de guitare sèche. Et de John Hammond, le célèbre producteur de jazz et blues qui encouragea Arthur Russell à enregistrer ces chansons et se charge d’en produire la moitié.

Il a été dit à propos d’Arthur Russell que jamais l’avant-garde n’avait été aussi facile et agréable à écouter. Love is Overtaking me le confirme et pourrait se résumer ainsi : “chansons gratouillées à la guitare, d’apparence simplettes et inoffensives, et que pourtant vous pourrez user jusqu’à la corde avec l’envie de les chanter, de les siffloter sans lassitude”. Ce disque entraine l’addiction mais pas l’indigestion. Au fil de quelques écoutes, les mélodies sinueuses se révèlent, les constructions se dévoilent beaucoup plus complexes que prévues. Vous êtes foutu. Il est trop tard. Vous voilà accroché.

 En écoute dans le canal Pointu

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attitude

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